Le marché de la caséine acide a débuté l’année 2026 dans un contexte relativement stable. Le produit était disponible aussi bien dans le cadre de contrats que sur le marché au comptant, et la production en Océanie permettait de répondre à la demande courante.
La situation a évolué progressivement au fil de la saison. La baisse de la disponibilité du lait en Océanie a limité la production, les stocks au comptant ont commencé à diminuer et les acheteurs ont dû accepter des prix de plus en plus élevés. La partie la plus intense de cette évolution s’est produite pendant l’été, lorsque le prix moyen de la caséine acide a dépassé les 10 000 USD/MT.
Le début du quatrième trimestre présente toutefois une situation différente de celle observée quelques mois auparavant. La nouvelle saison laitière en Nouvelle-Zélande augmente la disponibilité de la matière première, tandis que les prix de la caséine acide ont cessé de progresser de manière significative.
Analyse mondiale du marché de la caséine acide
Au début de l’année 2026, le marché restait relativement équilibré. En février, les prix de la caséine acide se situaient entre 3,85 et 4,25 USD/lb. La production en Océanie était stable, le lait restait disponible et les producteurs respectaient leurs calendriers de production habituels. Si la majeure partie de la production fraîche était certes destinée à des contrats, les stocks suffisaient toutefois à répondre à la demande au comptant courante.
Cependant, un premier facteur de soutien des prix était déjà apparu. Le raffermissement du marché du lait écrémé en poudre exerçait également une pression à la hausse sur la caséine acide. Cela s’explique par la concurrence pour le même flux de lait écrémé : les usines peuvent affecter la matière première à différents produits en fonction des marges, des contrats en cours et des capacités de production.
Au cours des mois suivants, la saisonnalité en Océanie a pris une importance croissante. Avec la baisse de la production laitière en fin de saison, les capacités de production de caséine acide ont diminué. Dans le même temps, la demande n’a pas faibli assez rapidement pour compenser la baisse de l’offre.
Les prix illustrent bien cette évolution. La moyenne mensuelle s’élevait à environ 8 741 USD/MT en janvier, 8 929 USD/MT en février et mars, 9 108 USD/MT en avril et 9 381 USD/MT en mai. En juin, elle a grimpé à 9 645 USD/MT.
C’est durant l’été que la hausse a été la plus marquée. En juillet, la moyenne a atteint environ 10 295 USD/MT, soit 6,7 % de plus que le mois précédent. En août, elle a continué à grimper pour atteindre environ 10 541 USD/MT. Au plus fort des cotations estivales, la limite supérieure de la fourchette atteignait 5,50 USD/lb, soit environ 12 125 USD/MT.
Cette pression sur les prix ne signifiait toutefois pas qu’il y avait tout simplement une pénurie de lait en Océanie sur l’ensemble de la saison. En mai, Fonterra avait indiqué que les collectes depuis le début de la saison étaient supérieures de 4 % à celles de l’année précédente. Le problème tenait à la combinaison du profil saisonnier de la production, des contrats en cours d’exécution et de la disponibilité de la caséine acide destinée au marché au comptant.
Il s’agit là d’une distinction importante. Les données relatives à l’offre totale de lait reflètent les capacités de production, mais n’indiquent pas directement la quantité de caséine acide qui sera disponible pour les acheteurs. Les producteurs peuvent modifier leur mix de produits et orienter leur flux de lait écrémé vers le lait écrémé en poudre (SMP), la caséine ou des ingrédients plus spécialisés, en fonction des rapports de prix et des contrats conclus.
À la fin de l’été, le marché a commencé à envoyer les premiers signes de stabilisation. La moyenne en septembre a légèrement baissé pour s’établir à 10 472 USD/MT. De fin août au 2 octobre, la fourchette s’est globalement maintenue entre 4,25 et 5,25 USD/lb. Cela signifie qu’après une forte hausse en juillet, la pression en faveur d’une nouvelle augmentation des prix s’est nettement atténuée.
Début octobre, la fourchette de 9 370 à 11 574 USD/MT restait toutefois nettement supérieure au niveau de l’année précédente. Convertie en euros, la moyenne était supérieure d’environ 22,6 % à celle de l’année précédente. Le marché aborde donc le quatrième trimestre après une forte hausse, et non à partir d’un niveau de prix neutre.
Analyse régionale du marché de la caséine acide
Le marché de la caséine acide est nettement plus concentré géographiquement que celui de nombreuses matières premières laitières de base. L’Océanie, et en particulier la Nouvelle-Zélande, reste le principal pôle d’approvisionnement. Les États-Unis constituent quant à eux un marché d’importation clé et une référence pour les prix internationaux. L’Europe et l’Asie influencent principalement l’orientation mondiale de la demande et les flux commerciaux.
Océanie
La Nouvelle-Zélande reste le marché central de l’offre mondiale de caséine acide ; c’est pourquoi le déroulement de la saison laitière locale a une incidence directe sur la situation des acheteurs sur les autres continents.
Les premiers mois de 2026 ont été relativement calmes. Début février, le lait était disponible, la production de caséine acide était stable et les stocks permettaient d’honorer à la fois les contrats et les ventes au comptant.
La situation a commencé à évoluer avec la baisse naturelle de l’offre de lait au cours de la seconde partie de la saison. La production de caséine acide a été réduite, tandis que la majeure partie du produit disponible était destinée aux clients sous contrat. En conséquence, les acheteurs à la recherche de quantités supplémentaires sur le marché au comptant se sont heurtés à une disponibilité de plus en plus limitée.
Dans le même temps, la saison laitière dans son ensemble a été solide. En mai, Fonterra faisait état de collectes en hausse de 4 % en glissement annuel et s’attendait à ce que l’offre reste élevée également au cours de la saison suivante.
C’est précisément ce décalage entre le bilan solide de l’ensemble de la saison et la disponibilité limitée de la caséine acide dans sa phase finale qui explique bien le marché de 2026. Il ne suffit pas de savoir quelle quantité de lait a été produite en Nouvelle-Zélande. Pour l’acheteur, l’essentiel est de savoir à quel moment de la saison la matière première est disponible, quel produit il est rentable pour le producteur de fabriquer et quel volume a déjà été sous contrat.
Le début de la saison 2026/27 vient modifier ce tableau. Fonterra prévoit des collectes légèrement supérieures à 1,6 milliard de kgMS sur l’ensemble de la saison et annonce une nouvelle période d’offre abondante en lait. À la fin du mois d’août, les collectes depuis le début de la saison s’élevaient à 142,9 millions de kgMS.
Cela offre aux producteurs une meilleure base de matière première pour augmenter leur production au quatrième trimestre. Cela ne permet toutefois pas de déterminer quelle part du lait supplémentaire sera consacrée précisément à la caséine acide.
Fonterra souligne par ailleurs l’importance d’optimiser la gamme de produits et de réorienter la production laitière vers des composants protéiques à plus forte valeur ajoutée. Au cours de l’exercice 26, l’activité Ingredients a bénéficié à la fois d’une forte demande mondiale en protéines et d’une composition de gamme de produits favorable.
Amérique du Nord
En ce qui concerne la caséine acide, les États-Unis doivent être considérés avant tout comme un marché d’importation.
Le benchmark hebdomadaire de l’USDA couvre précisément le marché américain de la caséine importée et présente les prix au comptant ainsi que les contrats à terme jusqu’à trois mois, ainsi que des informations sur l’offre, la demande et les stocks.
C’est pourquoi les tensions liées à la production en Océanie se répercutent rapidement sur le benchmark américain. De janvier à août, le prix moyen de la caséine acide est passé d’environ 8 741 à 10 541 USD/MT. En septembre, une légère correction s’est produite, ramenant le cours à environ 10 472 USD/MT, mais les prix sont restés nettement supérieurs à ceux du début de l’année.
Les évolutions des échanges commerciaux avec la Nouvelle-Zélande sont également significatives. En août, la valeur des exportations néo-zélandaises de la vaste catégorie « caséine et caséinates » vers les États-Unis était inférieure de 43 millions de NZD à celle de l’année précédente. Ces données couvrent toutefois un groupe de produits plus large que la caséine acide seule ; elles ne peuvent donc pas être interprétées comme une baisse précise des approvisionnements en caséine acide.
Pour le marché américain, la disponibilité des exportations en provenance d’Océanie sera donc déterminante au quatrième trimestre. Si une saison laitière plus forte se traduit par une quantité plus importante de caséine acide disponible en dehors des contrats antérieurs, les acheteurs américains devraient bénéficier d’une plus grande marge de manœuvre dans les négociations. Si, en revanche, ce surplus est rapidement sous-traité par des acheteurs sur d’autres marchés, les prix pourraient rester élevés.
L’Europe
L’Europe revêt une importance différente pour la caséine acide que pour la caséine de présure. Elle n’est pas la principale référence pour la production du produit dont il est question ici, mais reste un marché de destination important pour les ingrédients laitiers en provenance d’Océanie.
Les données commerciales de la Nouvelle-Zélande suggèrent que l’orientation des flux s’est modifiée au cours de l’année 2026. En août, la valeur des exportations de la catégorie agrégée « caséines et caséinates » vers l’Union européenne a augmenté de 17 millions de NZD en glissement annuel, tandis que les livraisons vers les États-Unis ont diminué.
Il ne faut toutefois pas assimiler ces données exclusivement à la caséine acide. Les statistiques englobent également les autres types de caséine et de caséinates.
Pour les acheteurs européens, les prix élevés de la caséine acide renforcent l’importance des formulations et des rapports de prix avec les autres protéines laitières. La possibilité de substitution dépend toutefois de l’application technologique ; c’est pourquoi une modification du rapport de prix n’entraîne pas automatiquement un transfert de la demande vers le lait écrémé en poudre (SMP), le concentré de protéines de lait (MPC) ou d’autres protéines.
Asie
L’Asie reste un segment important du marché mondial des produits laitiers néo-zélandais, mais les données publiques permettant de distinguer de manière fiable, en 2026, la caséine acide de la caséine de présure et des caséinates sont limitées.
C’est pourquoi cette région ne doit pas être évaluée sur la base de données globales portant sur l’ensemble des protéines laitières. Dans le cas de la caséine acide, l’orientation de la demande totale d’importations en provenance d’Océanie et la concurrence entre les différents marchés pour des volumes limités revêtent une importance plus grande.
Si la demande asiatique est forte au moment de la hausse saisonnière de la production en Nouvelle-Zélande, une partie de l’offre supplémentaire pourrait être rapidement absorbée. En revanche, une baisse des achats augmenterait la probabilité de voir davantage de produit arriver sur les marchés américains et européens.
Tendances et perspectives pour le quatrième trimestre 2026 et le début de l’année 2027
La caséine acide aborde le quatrième trimestre avec une position tarifaire bien plus solide qu’au début de l’année, mais sans la même dynamique de hausse que celle observée cet été.
Le premier signe de ce changement est la stabilisation des prix. Après une hausse de la moyenne mensuelle à 10 541 USD/MT en août, le mois de septembre a enregistré une légère baisse à 10 472 USD/MT. La fourchette de 4,25 à 5,25 USD/lb est restée inchangée pendant la majeure partie du mois de septembre et au début du mois d’octobre.
Le deuxième signe est l’amélioration de la base de matières premières. La nouvelle saison en Nouvelle-Zélande s’accompagne d’une hausse des collectes de lait, et Fonterra prévoit que la campagne 2026/27 sera une nouvelle période de forte offre de lait, avec des collectes légèrement supérieures à 1,6 milliard de kgMS.
Cela renforce la probabilité que la disponibilité de la caséine acide commence à s’améliorer au quatrième trimestre. La distinction entre une production accrue et une offre au comptant plus importante est toutefois essentielle.
Si les producteurs utilisent ce lait supplémentaire pour augmenter la production de caséine acide et que les contrats antérieurs ne parviennent plus à absorber la majeure partie de la production actuelle, le marché pourrait progressivement se détendre. Dans un tel scénario, la pression en faveur d’une nouvelle hausse des prix devrait être limitée, et les acheteurs pourraient retrouver une plus grande marge de négociation.
La nouvelle saison laitière en Nouvelle-Zélande améliore l’approvisionnement en matière première, mais pour le marché de la caséine acide, le facteur déterminant sera la part de cette production supplémentaire qui sera effectivement mise sur le marché au comptant. Au cours du premier semestre, le solide bilan laitier n’a pas suffi à prévenir les tensions, car le produit était en grande partie lié par des contrats et la production diminuait en fin de saison. Si, au quatrième trimestre, l’augmentation des collectes de lait se traduit par une reconstitution des volumes disponibles, le marché devrait progressivement se stabiliser. Si la production supplémentaire est rapidement sous contrat, les prix élevés pourraient se maintenir bien plus longtemps. – Mateusz Augustyniak, membre du conseil d’administration et associé chez Foodcom S.A.
La nouvelle saison laitière en Nouvelle-Zélande améliore l’approvisionnement en matières premières, mais pour le marché de la caséine acide, le facteur déterminant sera la quantité de production supplémentaire qui sera effectivement mise sur le marché au comptant. Au cours du premier semestre, le solide bilan laitier n’a pas suffi à éviter les tensions, car la production était en grande partie liée à des contrats et, en fin de saison, elle était en baisse. Si, au quatrième trimestre, l’augmentation des collectes de lait se traduit par une reconstitution des volumes disponibles, le marché devrait progressivement se stabiliser. Si la production supplémentaire est rapidement sous contrat, les prix élevés pourraient se maintenir bien plus longtemps.
Le scénario de base pour le quatrième trimestre est donc une stabilisation avec une possible pression baissière modérée, et non une nouvelle vague de hausses de l’ampleur de celle observée en juillet.
L’augmentation saisonnière de la production laitière en Nouvelle-Zélande et la stabilisation des prix observable depuis le mois d’août plaident en faveur d’un marché plus modéré. En revanche, la forte demande en protéines, la part importante des ventes sous contrat et la possibilité de réorienter la production laitière vers d’autres produits offrant des marges attractives aux producteurs constituent des arguments contre une correction brutale.
Les conditions météorologiques constituent également un risque pour ce scénario. Fonterra, qui prévoit une saison 2026/27 solide, attire l’attention sur la possibilité de conditions liées au phénomène El Niño. Une éventuelle baisse de la production laitière pourrait rapidement réduire l’amélioration attendue de la disponibilité de la matière première.
Au début de l’année 2027, l’orientation du marché dépendra avant tout de la question de savoir si l’augmentation de l’offre de lait néo-zélandaise permettra de constituer des stocks réels de caséine acide ou si elle sera absorbée par les contrats et la forte demande en ingrédients riches en protéines.
![Aperçu du marché de la caséine acide en 2026 [Rapport mondial] Aperçu du marché de la caséine acide en 2026 [Rapport mondial]](https://foodcom.pl/wp-content/uploads/2026/10/global-report-MILK-1.png)

