- La saison 2024/25 s’est achevée sur un léger excédent, et la disponibilité du cacao s’est nettement améliorée.
- Les prix restent très volatils et réagissent vivement aux conditions météorologiques et aux prévisions de récolte.
- La transformation du cacao est en baisse en Europe, mais connaît une croissance dynamique en Asie.
- L’EUDR et le rôle croissant de l’Équateur modifient les décisions d’achat mondiales et les flux d’approvisionnement.
Au milieu de l’année 2026, il apparaît que l’amélioration de la disponibilité physique du cacao n’a pas permis de rétablir la stabilité des prix. La campagne 2024/25 s’est soldée par un léger excédent, les stocks boursiers ont augmenté et les livraisons en provenance de la Côte d’Ivoire ont été nettement supérieures à celles de l’année précédente. Dans le même temps, les prévisions concernant les prochaines récoltes restent incertaines, et les cours continuent de réagir vivement aux conditions météorologiques et aux premières estimations de la saison 2026/27.
C’est précisément ce décalage entre l’amélioration de l’équilibre et la volatilité persistante qui constitue la principale caractéristique du marché en 2026. Pour les acheteurs, cela signifie que le prix actuel ne suffit plus à lui seul pour évaluer la situation. Le moment de l’achat, l’origine de la matière première, la diversification des approvisionnements et la conformité de la chaîne d’approvisionnement aux exigences de l’EUDR revêtent une importance croissante.
Analyse globale du marché du cacao
Le marché s’est nettement éloigné du déficit aigu enregistré au cours de la saison 2023/24. Le déficit s’élevait alors à environ 492 000 tonnes. Au cours de la saison 2024/25, le bilan est passé à un excédent, dont le volume a été révisé à plusieurs reprises à mesure que de nouvelles données étaient disponibles. La dernière estimation révisée, disponible en mai 2026, indiquait un excédent d’environ 48 000 tonnes.
La production mondiale pour la campagne 2024/25 a été estimée à 4,723 millions de tonnes, et la transformation à 4,628 millions de tonnes. Les stocks finaux ont augmenté pour atteindre environ 1,320 million de tonnes, et leur rapport par rapport à la transformation s’est établi à 28,5 %. Ces données confirment une amélioration de l’offre, mais ne signifient pas encore un retour complet du marché à l’équilibre.
Certaines prévisions disponibles pour la saison 2025/26 indiquent toujours un nouvel excédent, mais son ampleur attendue reste incertaine et a été revue à la baisse ces derniers mois. Parallèlement, les livraisons en provenance de la Côte d’Ivoire ont nettement augmenté. Selon les estimations, environ 2,09 millions de tonnes de cacao avaient été acheminées vers les ports au 12 juillet, soit 21 % de plus qu’à la même période de la saison précédente. Les stocks suivis par l’ICE s’élevaient, au 10 juillet, à environ 3,15 millions de sacs, atteignant leur plus haut niveau depuis près de deux ans.
Du côté de la demande, on observe toujours de nettes disparités régionales. Au deuxième trimestre 2026, la transformation européenne de cacao s’est élevée à 316 366 tonnes, soit une baisse de 4,6 % par rapport à l’année précédente. Au total, au cours du premier semestre, l’Europe a transformé 642 261 tonnes de cacao, soit 6,3 % de moins qu’au cours de la même période de 2025.
En Asie, la situation a évolué dans le sens inverse. La transformation au deuxième trimestre a augmenté de 25,1 % en glissement annuel, pour atteindre 224 646 tonnes. En Amérique du Nord, le dernier chiffre disponible concerne le premier trimestre, au cours duquel la transformation a reculé de 3,8 % pour s’établir à 106 087 tonnes.
Les coûts élevés des matières premières ont incité certains fabricants à réduire le grammage, à modifier leurs recettes et à limiter la teneur en cacao. Les données sur la transformation n’indiquent toutefois pas une baisse uniforme à l’échelle mondiale. L’Europe est restée sous pression, tandis qu’en Asie, l’activité de transformation a nettement augmenté. Les dernières données disponibles pour l’Amérique du Nord continuaient d’indiquer une baisse modérée. Il ne faut toutefois pas assimiler directement la transformation aux ventes au détail ou à la consommation de chocolat.
Les prix restent l’élément le plus caractéristique du marché. Au cours des 12 mois précédant la mi-juillet, les cours des contrats à terme de New York ont oscillé entre moins de 3 000 et près de 9 000 dollars américains la tonne. À titre de comparaison, le record historique atteint fin 2024 avoisinait les 13 000 dollars américains la tonne.
En juillet 2026, la volatilité a de nouveau fortement augmenté. Le 6 juillet, le contrat new-yorkais de septembre a gagné environ 13,1 % en une seule séance. Le 9 juillet, les cours ont dépassé les 6 400 dollars la tonne et ont atteint leur plus haut niveau depuis environ huit mois. Le lendemain, le marché a chuté d’environ 6 %. Le 15 juillet, le prix était repassé sous la barre des 6 000 dollars la tonne.
Une telle amplitude montre que, pour les acheteurs, la gestion du moment de l’achat devient tout aussi importante que la tendance du marché elle-même. Même avec des stocks plus élevés, les informations relatives à la météo, aux récoltes et aux livraisons peuvent entraîner des fluctuations brutales des cours.
Un deuxième élément important est l’écart croissant entre le cacao de masse et le cacao de spécialité. Dans le segment du cacao de masse, ce sont l’équilibre entre l’offre et la demande ainsi que les cours boursiers qui jouent le rôle le plus important. Dans le cas du cacao spécialisé, le profil sensoriel, l’origine, la traçabilité et la qualité de la documentation revêtent une importance plus grande.
Analyse régionale du marché du cacao
Europe
L’Europe reste l’un des principaux centres de transformation du cacao, mais le premier semestre 2026 a été marqué par une pression accrue sur les volumes. Au deuxième trimestre, la transformation s’est élevée à 316 366 tonnes, soit une baisse de 4,6 % par rapport à l’année précédente. Au total, au cours du premier semestre, les usines européennes ont transformé 642 261 tonnes de cacao, soit 6,3 % de moins qu’au cours de la même période en 2025.
Parallèlement, le marché se prépare à la mise en œuvre de l’EUDR. L’EUDR entrera en vigueur le 30 décembre 2026 pour les grands et moyens opérateurs, ainsi que pour les autres opérateurs et acteurs commerciaux, quelle que soit leur taille. Pour la plupart des micro-opérateurs et des petits opérateurs qui commercialisent du cacao sur le marché de l’UE pour la première fois, la date d’application de la réglementation est fixée au 30 juin 2027. L’étendue exacte des obligations dépend toutefois du rôle de l’entreprise dans la chaîne d’approvisionnement. Cela signifie une importance croissante de la géolocalisation des parcelles, de la documentation relative à l’origine et de la possibilité de relier les lots de matière première à leur lieu de production.
Les simplifications mises en place ont allégé une partie des obligations administratives. La déclaration de diligence raisonnable est établie par l’opérateur qui, en premier lieu, met le produit sur le marché de l’UE ou l’exporte. Les opérateurs et commerçants en aval ne déposent pas de déclaration propre, mais doivent collecter, conserver et transmettre les numéros de référence. Les entités qui ne sont pas des petites et moyennes entreprises seront également tenues de s’enregistrer dans le système d’information.
Afrique de l’Ouest
La Côte d’Ivoire, le Ghana, le Nigeria et le Cameroun représentent ensemble environ les deux tiers de la production mondiale de cacao. La région reste donc un principal facteur de risque pour l’équilibre mondial.
La production de la Côte d’Ivoire pour la campagne 2025/26 était estimée entre 2,0 et 2,1 millions de tonnes, ce qui aurait représenté une amélioration par rapport à la campagne précédente. L’augmentation des livraisons vers les ports indiquait également une meilleure disponibilité de la matière première. Dans le même temps, les premières estimations concernant la saison 2026/27 laissaient entrevoir le risque d’une nouvelle baisse de la production. L’ampleur de celle-ci restait toutefois incertaine et dépendait du développement ultérieur des fruits, de l’état des plantations et des conditions météorologiques.
Les fortes précipitations de fin juin ont rendu difficile l’accès à certaines plantations en Côte d’Ivoire et au Ghana, et ont accru le risque de maladies fongiques. Au cours de la première quinzaine de juillet, des précipitations plus faibles ont commencé à assécher les sols excessivement humides, mais les plantations avaient encore besoin de plus d’ensoleillement pour améliorer les conditions de développement de la récolte principale.
Parallèlement, le phénomène El Niño s’est développé. En juillet, la probabilité d’un phénomène très intense entre octobre et décembre était estimée à 81 %. Un tel épisode pourrait figurer parmi les plus importants de la série de mesures commençant en 1950. Cela ne permet toutefois pas de prédire avec certitude l’évolution précise des conditions météorologiques dans chaque région.
L’impact d’El Niño sur le cacao n’est pas unidirectionnel. Des précipitations excessives peuvent accroître la pression pathogène, tandis que des périodes ultérieures de temps plus chaud et plus sec peuvent aggraver le stress hydrique des arbres. Les risques pour la saison 2026/27 dépendent donc non seulement du volume total des précipitations, mais aussi de leur répartition et du moment où elles surviennent.
Le Ghana reste confronté au virus du « swollen shoot », au vieillissement des plantations et à l’exploitation illégale de l’or, qui détruit les terres agricoles. Ces facteurs freinent le rythme de la reprise de la production et entretiennent l’incertitude quant à l’offre en provenance de la région.
Les exigences croissantes en matière de traçabilité modifient également les conditions commerciales. Depuis l’entrée en vigueur de l’EUDR, l’absence des données requises concernant l’origine, la géolocalisation et l’absence de déforestation peut empêcher la mise sur le marché européen d’un lot de cacao donné.
Amérique du Nord
Les derniers chiffres disponibles concernant la transformation du cacao concernent le premier trimestre, au cours duquel la transformation a reculé de 3,8 % pour s’établir à 106 087 tonnes. Cette baisse a été moins marquée qu’en Europe, mais elle a tout de même mis en évidence la pression exercée par les coûts élevés de la matière première sur le secteur de la transformation.
Les fabricants ont réagi en modifiant leurs recettes, en réduisant les grammages et en recourant davantage à des ingrédients alternatifs. La baisse des prix de la matière première pourrait, à terme, limiter l’ampleur de ces mesures, mais les données disponibles au 16 juillet ne confirmaient pas encore une reprise complète de la demande.
Amérique latine
Le changement le plus marquant en Amérique latine est la montée en puissance de l’Équateur. Les exportations de cacao de l’Équateur devraient dépasser 623 000 tonnes en 2026, ce qui représenterait une hausse d’environ 11 % par rapport à 2025. Il s’agit d’une prévision des exportations pour l’année civile, et non du volume de production pour la saison cacaoyère.
La production de l’Équateur pour la saison 2025/26 était estimée à plus de 570 000 tonnes. Au cours de la saison 2026/27, elle pourrait dépasser les 650 000 tonnes, ce qui lui permettrait de devancer le Ghana et de se hisser à la deuxième place parmi les plus grands producteurs. Il s’agit toutefois encore de prévisions, et leur concrétisation dépendra à la fois de la production de l’Équateur et du résultat final du Ghana.
Les rendements moyens des plantations équatoriennes sont estimés à environ 800 kg de cacao par hectare, contre moins de 500 kg dans de nombreuses régions productrices d’Afrique de l’Ouest. La part du prix mondial revenant aux producteurs équatoriens peut atteindre environ 90 %, alors qu’elle est généralement inférieure dans les systèmes de prix réglementés du Ghana et de la Côte d’Ivoire. Cette différence peut accroître les possibilités d’investissement dans les plantations et d’amélioration des rendements.
L’importance de l’Équateur tient également à ses cultures menées dans le cadre de systèmes agroforestiers ainsi qu’à sa position forte sur le segment du cacao de qualité « fine flavour ». Le système de culture en lui-même ne garantit toutefois pas la conformité à l’EUDR : une documentation appropriée, la traçabilité et les données de géolocalisation restent indispensables.
Asie
La transformation du cacao en Asie a nettement augmenté au cours du premier semestre 2026. Au deuxième trimestre, elle a atteint 224 646 tonnes, soit 25,1 % de plus qu’à la même période de l’année précédente. Il s’agit d’une hausse nettement plus forte que les 5,2 % enregistrés au premier trimestre.
Les résultats de l’Asie contrastent avec la baisse de la transformation en Europe et confirment la diversification régionale du marché. Elle ne doit toutefois pas être automatiquement interprétée comme une augmentation équivalente de la consommation de chocolat au détail, car la transformation peut également refléter une reconstitution des stocks, des changements dans les flux commerciaux ou l’utilisation des capacités de production.
Tendances et prévisions pour 2026
La forte volatilité reste la première tendance clé. La disponibilité physique du cacao s’est améliorée, mais le marché continue de réagir vivement aux conditions météorologiques, aux estimations préliminaires des récoltes et aux variations des stocks boursiers. Les cotations de juillet ont montré que des variations à deux chiffres au cours d’une même séance peuvent se produire même lorsque les livraisons actuelles en provenance du plus grand pays producteur sont supérieures à celles de l’année précédente.
La deuxième tendance concerne la mise en œuvre concrète de l’EUDR. Les exigences en matière de traçabilité ne sont plus un élément réglementaire lointain, mais font désormais partie intégrante des décisions d’achat courantes. Les simplifications ont réduit le nombre de déclarations requises, mais n’ont pas modifié l’objectif fondamental de la réglementation, à savoir la confirmation de la légalité de la production et de l’absence de déforestation.
La troisième tendance est le rôle croissant de l’Amérique latine, notamment de l’Équateur. L’Afrique de l’Ouest reste la principale région d’approvisionnement, mais des rendements plus élevés et des incitations économiques plus avantageuses favorisent le développement de la production en Équateur. La possibilité de dépasser le Ghana au cours de la saison 2026/27 reste une prévision et non un résultat acquis.
La quatrième tendance est la diversification régionale croissante de la transformation. Au deuxième trimestre, l’Europe a enregistré une baisse de 4,6 %, tandis que l’Asie a affiché une hausse de 25,1 %. Les dernières données disponibles pour l’Amérique du Nord, portant sur le premier trimestre, indiquaient une baisse de 3,8 %. Ces résultats montrent que l’impact des prix de la matière première sur l’activité de transformation n’est pas uniforme sur tous les marchés.
Le marché du cacao en 2026 ne peut être décrit comme un retour à la normale, mais plutôt comme une période de volatilité persistante. La saison 2024/25 s’est achevée sur un excédent de matière première, et les prévisions actuelles indiquent un nouvel excédent pour la saison 2025/26. Malgré cela, les prix peuvent encore augmenter de plus d’une dizaine de pour cent en l’espace de quelques séances, puis perdre rapidement ce gain. Pour les acheteurs, cela signifie que le moment de l’achat, la diversification des origines et la préparation des fournisseurs aux exigences de l’EUDR deviennent tout aussi importants que le prix au comptant », commente Adam Carecci, directeur adjoint du département Cacao chez Foodcom S.A.
Rapports mondiaux de Foodcom S.A.
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![Aperçu du marché du cacao en 2026 [Rapport mondial] Aperçu du marché du cacao en 2026 [Rapport mondial]](https://foodcom.pl/wp-content/uploads/2025/11/global-report-Cocoa-2025-min.png)

